Il est toujours difficile d'exprimer un désaccord. Ceux qui ne trouvent pas ça difficile soit le font très peu, soit le font beaucoup trop et rendent la vie difficile à ceux qui les côtoient.

Pourquoi est-ce difficile ? Pour mille raisons évidemment. Parce qu'on a peur du conflit, de la réaction, parce qu'on heurte des egos souvent bien plus que des idées.

Il n'y a pas de recettes magiques et d'ailleurs, nous pensons qu'une pointe d'appréhension est le signe qu'on considère l'autre ; c'est donc bon signe.

Voici plusieurs éléments de différents ordres pour réussir cette montée en antagonisme (cf Sociodynamique) : 

  1. Montrer d'abord de la synergie (cf. Sociodynamique toujours). Souvent la critique passe mal parce que votre interlocuteur se sent uniquement jugé et mis en cause. Il est important de montrer, de dire, que vous voulez d'abord l'aider : favoriser sa montée en compétence, contribuer à son objectif, etc. S'il comprend que votre démarche peut lui être bénéfique, vous êtes dans la bonne direction.
  2. Privilégier le “JE”. Pour éviter les formules accusatrices, il est très efficace de démarrer ses remarques par “JE” : « Je me suis senti blessé quand tu as dit telle chose » plutôt que « Tu m'as mal parlé ». C'est pareil sur le fond mais la première formule introduit votre sentiment donc un élément à la fois difficile à contester et qui vous montre aussi fragile et donc, susceptible d'être aidé. Cela évite le Parent/Enfant ou le Enfant/Parent avec ce type de posture (cf. Analyse Transactionnelle).
  3. Privilégier l'honnêteté et l'absence de délai, sans quoi c'est le carnet de tickets. C'est difficile mais traiter les sujets quand ils sont frais est beaucoup plus facile que quand ils ont refroidi et se sont donc forcément accumulés avec d'autres.

Ces techniques et astuces s'appliquent avec quelques ajustements à l'entretien annuel d'évaluation.

Enfin, n'oubliez pas que votre stratégie de réponse à l'objection dépend beaucoup de votre but. Si vous souhaitez la fin définitive du projet concurrent, inutile de faire preuve de synergie (cas de Greenpeace contre les programmes nucléaires). En revanche, si vous voulez un compromis ou un ralliement à votre cause, il faut suivre la technique décrite (cas de 12 hommes en colère – Sydney Lumet).

La différence de stratégie s'illustre très bien avec la différence entre Malcolm X qui veut la création d'une nation noire (et qui se montre totalement intransigeant) et Martin Luther King qui promeut le vivre ensemble (et qui est plus conciliant).

 

 


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