Que ce soit face à un changement ou dans l'animation quotidienne, la passivité des équipes est un mal récurrent et particulièrement pernicieux car :

  • Une situation de passivité n'appelle pas nécessairement une réaction. La passivité est insatisfaisante, mais plus acceptable ou confortable que le conflit.
  • La passivité est désarmante : les mesures prises pour y remédier sont souvent inefficaces face à sa capacité d'inertie. 

Dans le génial Serious Man (Joel et Ethan Coen – 2009), le personnage de Larry est l'archétype du passif qui regarde sa vie se déliter sans jamais passer  à l'action.

 

D'où vient la passivité ?

La passivité est toujours la résultante d'un double manque (cf. Sociodynamique) :

  • Un manque de synergie : c'est-à-dire un manque d'adhésion aux enjeux de l'équipe, parce qu'ils ne sont pas connus, parce qu'ils ne sont pas compris ou parce qu'ils ne sont pas appropriés par l'équipe. Les raisons sont multiples mais la résultante est la même : l'équipe ne prend pas d'initiative.
  • Un manque d'antagonisme : l'équipe n'exerce pas son sens critique, que ce soit sur la finalité ou sur les modalités de votre projet d'équipe. Parfois parce qu'elle n'a pas de critique à émettre, la plupart du temps parce qu'elle ne se sent pas autorisée à les exprimer.

 

Pour en sortir : l'antagonisme d'abord

La passivité est donc un manque d'énergie (qu'elle soit en faveur ou à l'encontre de votre projet). Il est donc vain d'essayer de la résoudre par un outil ou une méthode, aussi astucieux soient-ils, car l'un comme l'autre sont consommateurs d'énergie.

Pour générer de l'énergie, il faut travailler sur l'humain et l'énergie la plus rapide à générer, c'est l'antagonisme (il suffit de regarder les manifestations contre les projets de lois en politique). Pour générer de l'antagonisme, il y a plusieurs solutions :

  • Critiquer l'existant : voir comment décoincer une équipe.
  • Montrer la voie : commencer, en tant que leader, à donner un avis clair et sans tabou sur la dynamique d'équipe. Montrer par votre ton que vous ne recherchez pas des coupables mais que vous cherchez à tout mettre honnêtement sur la table.
  • Choisir un acteur neutre : prendre quelqu'un d'extérieur à l'équipe (collègue, consultant) pour faciliter l'expression du sens critique.

Ce qui pousse les gens à sortir de leur passivité est d'abord la révolte, même si le rassemblement du 11 janvier 2015 a très vite fait émerger beaucoup de synergie...

 

Souvent nous avons peur de mettre sur la table les difficultés parce que nous craignons un conflit et la dégradation des relations. Or, c'est le contraire : c'est l'absence de communication et les non-dits qui créent les conflits (cf carnet de tickets).

 

Relayer l'antagonisme par de la synergie

Dès que l'antagonisme de votre équipe est réveillé, il faut le compléter par de la synergie pour pouvoir mettre en place une réelle stratégie des alliés.

En fonction du contexte, cela peut consister à :

  • Lancer une ambition nouvelle pour redonner un enjeu de conquête à l'équipe.
  • Bâtir avec eux un système d'animation efficace.
  • Décider de 2 ou 3 actions symboliques d'un nouvel état d'esprit de l'équipe et qui engage l'ensemble de ses membres.

Après une phase antagoniste, vous verrez que le travail sur l'ambition n'est plus un simple exercice mais une véritable solution aux problèmes soulevés auparavant.

… Et du coup, le premier ministre Manuel Valls a alors pu rappeler la vision de la France mais aussi les grands enjeux qui étaient ceux du pays...

 

Passer ensuite de l'action collective à l'action individuelle

Une fois que la dynamique est relancée au niveau collectif, vous devrez compléter votre action pour faire basculer certains acteurs-clés qui n'auraient pas pris le train en marche, en essayant de les coacher. Si cela ne marche pas, c'est que vous n'avez pas un problème de passivité mais bien de résistance. Vous pouvez alors essayer de sortir de l'impasse (cf. sortir de l'impasse avec un collaborateur).


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