La carte des partenaires est indissociable de la sociodynamique. Mais attention, on peut faire de la sociodynamique sans la carte des partenaires et non l'inverse.

La carte des partenaires est une matrice à 2 dimensions : au lieu d'opposer les “pour” et les “contre”, elle combine la synergie et l'antagonisme. 

Pour mesurer avec objectivité, on mesure les actes (incontestables) et pas les opinions (manipulables).

Synergie :

On distingue ceux qui prennent une initiative de ceux qui n'en prennent pas, puis :

+1 : ceux qui n'ont pas d'énergie synergique. Au mieux, évitent la faute.

+2 : suivent ce qui est demandé, participent.

+3 : prennent des initiatives, mais dans le cadre fixé (pas de prise de risque).

+4 : prennent des initiatives seuls (prise de risque).

Le +4 est le signe d'un projet qui est devenu celui de l'acteur, totalement ; ils se confondent. C'est souhaitable que ce soit le cas du leader. Evidemment, on va créer les conditions de cette appropriation totale, mais elle sera toujours une décision libre de l'acteur.

Le +3 est le résultat d'un calcul (sans que ce soit péjoratif). L'acteur participe parce qu'il pense que c'est la meilleure chose à faire.

Antagonisme

On distingue ceux qui défendent un projet concurrent de ceux qui n'en ont pas, puis :

-1 : ceux qui n'ont pas d'antagonisme, pas d'avis personnel.

-2 : ceux qui expriment  des critiques, parfois fortement, mais qui ne remettent pas en cause les fondements du projet.

-3 : ceux qui défendent un projet concurrent différent (qui est souvent “ne rien faire”) mais sans rompre le dialogue.

-4 : ceux qui défendent un projet concurrent sans limite, quitte à rompre définitivement la relation.

L'antagonisme est une énergie créative même si elle peut être difficile à gérer et parfois dégénérer (cf décoincer une équipe en crise)

Les positions

Ensuite, on regarde le rapport des 2 énergies et on obtient :

PASSIFS

Les 4 positions se ressemblent, parce que les énergies sont faibles. Ils sont souvent les plus nombreux, et font échouer les projets avec une grande certitude, par leur inertie.

Les (+1;-1) ne s'intéressent pas au projet. Ils s'occupent d'autre chose.

Les (+2;-1) suivent les initiatives sans plus. Une attitude tout aussi néfaste que la première (qui a même le mérite de la clarté).

Les (+1;-2) expriment des critiques sans proposer. Souvent pénibles, ils ont le mérite d'exprimer tout haut ce que sans doute d'autres pensent tout bas.

Les (+2;-2) sont tentés par l'aventure mais ont des conditions d'adhésion. Ils portent plus d'intérêt au projet que les (+2;-1). 

--> Parmi les passifs, les (+2;-2) sont prioritaires parce qu'ils sont proches de basculer, souvent bien plus que les (+2;-1).

HESITANTS

Les (+3;-3) sont des hésitants à fort enjeu, qui sont très impliqués mais pas encore décidés sur leur stratégie. Ils doivent devenir alliés sans quoi ils seront des opposants puissants. Ils sont généralement difficiles à rallier puisque, par définition, ils remettent en cause des fondements du projet.

Les (+2;-2) sont passifs certes, mais sont aussi les plus perméables aux alliés.

MILITANTS

Les 2 positions se ressemblent finalement. Ils ne sont pas désignés alliés parce que leur utilité pour le projet est faible : ils manquent de crédibilité.

Les (+4;-1) occupent une position pas si caricaturale. On les retrouve parfois chez les assistantes dévouées.

Les (+3;-1) ont une position forcément très calculée : prendre des initiatives sans antagonisme mais sans s'identifier au projet est souvent une posture : “je veux me montrer allié”.

ALLIES

Ils sont évidemment la force d'attraction du projet.

Les (+3;-2) occupent la position qu'on cherche à générer en priorité, parce qu'au-delà (notamment (+4;-3)), cela dépend moins du manager et beaucoup des moteurs internes de l'acteur.

Les (+4;-2) sont souvent vus comme des militants parce que leur faible antagonisme est dans l'ombre de leur importante synergie. Une position très créative mais pas suffisamment critique.

Les (+4;-3) constituent un Graal parce qu'ils combinent une synergie considérable susceptible d'entraîner et un antagonisme fort qui protège des excès.

OPPOSANTS

Ils ont décidé de résister. C'est aussi estimable que d'être allié, même si ça ne nous arrange pas. Ils évitent eux aussi les projets monolithiques… Mais ils peuvent les tuer s'ils conquièrent les hésitants et les passifs.

Les (+1;-3) ont une position fermée à la négociation mais ils ne franchissent pas la ligne rouge.

Les (+2;-3) sont souvent des négociateurs et/ou des leaders de l'opposition.

REVOLTES

Ils ont une raison profonde (politique, philosophique ou éthique) de combattre. Ici aussi, ce n'est pas un jugement de valeur, ils ont parfois raison (Qui peut être sûr que les opposants à l'aéroport de Notre Dame des Landes aient tort ?).

Les (+1;-4) sont activistes.

Les (+2;-4) sont davantage négociateurs et proposent parfois quelques éléments de travail.

Les (+3;-4) négocient.

DECHIRES

Rares mais bien réels, on en trouve chez les politiques, comme ces élus qui auraient le “cul entre deux chaises”.

Les (+4;-4) ont un rapport émotionnel fort à l'entreprise et sont prêts à se mettre en quatre pour son avenir mais aussi à combattre jusqu'à la déraison sur un point précis.


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Vos témoignages


    • jean-gabriel BARRAULT
    • le 09 Juillet 2017 à 10h42
    Cette carte est fausse. Ce que vous avez nommé alliés sont les "critiques constructifs", les "alliés" englobent tous les +1 à +4, s' ils ne sont pas au-delà de -2. Selon le principe de JCF "qui n'est pas contre moi est avec moi. Sinon vous laissez le plus gros des troupes à l'adversaire, comme masse mobilisable. J'ai travaillé avec Fauvet à l'origine de la sociodynamique du chgt

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